13 décembre 2009 · Cambodge
Phnom Penh et le visage sombre du Cambodge.
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On avait hésité à passer par Phnom Penh, on avait le choix d’aller directement en Thaïlande depuis Siem Reap, car il y a un bus qui dure 11 heures pour aller à Bangkok. Finalement nous avons décidé de connaitre la capitale du Cambodge et une fois de plus, nous ne le regretterons pas.
L’image plutôt sombre et grise que nous avions de la ville s’avère complètement fausse. Nous dormons dans l’hôtel Jockey pas très loin du palais royal, ce qui nous permet de connaitre d’abord la zone riche de Phnom Penh : des belles villas (mais toutes derrière de grands murs), les ambassades, le beau monument du musée national et le palais royal nous changent complètement la vision qu’on avait de cette ville. Certes il y a beaucoup de trafic, mais rien à voir avec ce qu’on a connu au Vietnam , on est des pros pour traverser les routes maintenant. Le centre ville est agréable, aéré et de nombreux bâtiments coloniaux donnent une âme parfois méditerranéenne à cette ville animée.
Nous mangeons dans le resto d’une association « Friends International » qui travaille avec les enfants des rue et essaye de leur apprendre un métier. Le repas est excellent.
Le deuxième jour c’est une autre facette qui se montre : on visite le musée de Tuol Sleng, une ancienne école que les Khmer Rouges avaient transformée en centre de torture et où plus de 20.000 personnes y ont trouvé la mort. Le bâtiment est gris, il n’y a pas beaucoup d’explication, mais les chambres parlent elles-mêmes : les lits et des instruments de tortures sont exposés, on été laissés tels quels dans ces dortoirs noirs, parfois une vielle photo en noir et blanc des personnes abattus ; vient illustrer une fois de plus la terreur qui régnait ici. Nous faisons un long tour. Ce qui est le plus frappant c’est l’exposition de photo, les Khmer Rouges avaient l’habitude de tout documenter, du coup il y a une photo de chaque personne qui est passée par le centre. Voir les visages des vieux, jeunes, hommes, femmes et même petits enfants nous fait glace le dos. Aussi, les petites citations des anciens combattants Khmers Rouges nous font halluciner : personne ne se sent vraiment coupable, tous disent avoir été victimes du système. Nous continuons à lire un peu plus l’histoire de ce peuple, qui a subi l’enfer à la fin des années 70 et qui n’a jamais vraiment pu digérer cela. En fait, le processus contre les dirigeants n’a jamais eu correctement lieu. En effet, les Etats Unis et la Chine ont longtemps protégé les auteurs de ce massacre. Seulement depuis 2006, il y a une commission qui essaye de travailler sur le sujet, mais il y a tellement de corruption que ca n’avance pas vraiment.
Plus d’info :
http://www.dinosoria.com/khmers_rouges.htm
http://www.courrierinternational.com/article/2008/02/28/sur-les-pas-des-khmers-rouges
Cela dit, un autre grand problème au Cambodge c’est la corruption, un des pires pays du monde (rang 158 de 180). Cela est valable pour les petites mafias de tuc tuc à l’ensemble de la police. Ce n’est pas la vraie justice au Cambodge : la personne qui a le plus payé la police aura raison. Cela nous donne un certain sentiment d’insécurité et d’impuissance.
A Siem Reap et Phnom Penh nous percevons aussi beaucoup d’enfants de rue. Beaucoup essayent de mendier auprès des touristes ou vendre des bracelets, livres etc. Comme toujours le problème ici c’est que dans la plupart de cas, l’argent n’aidera pas vraiment aux enfants, mais va dans la main de mafias. Les trois fois qu’on a donnés à boire ou à manger aux enfants, ils ne l’ont pas touché mais emmené pour donner à des adultes qui les attendent derrière. Le plus frappant c’est dans quelle mesure ces enfants sont dressés : ils parlent tous assez anglais pour vendre et répondre aux questions habituelles des touristes. Par exemple si on demande pour qui ils travaillent ils vont répondre pour personne, que l’argent est pour leur famille. Si on demande pourquoi ils ne sont pas à l’école ils vont dire qu’ils y vont la moitié journée. Si on leur dit on vient de France ils vont dire leur petites phrases de ventes en français, pareil qu’espagnol ou allemand. Ils connaissent les tactiques, sont des fois insistants, insolents, d’autres nous font presque pleurer. On ne sait pas comment se comporter car leur acheter quelque chose ne changera rien, au contraire même. En outre, le Cambodge compte avec un autre problème : la prostitution d’enfants et il y a aussi de grands scandales d’adoption.
A Siem Reap nous sommes entrés dans un des nombreux orphelinats pour donner quelques petits cadeaux qu’on a récolté au cours de notre voyage. On pensait que c’était mieux de les donner à une institution qui les distribuera selon le besoin des enfants. L’orphelinat qui héberge quelques orphelins mais surtout des enfants de familles pauvres, a été fondé il y a deux ans et est très simple : les enfants n’ont pas de vrai lit, mais au moins ils sont dans un espace sûr, ils ont à manger et vont à l’école publique. L’espace est propre et les enfants ont l’air d’aller bien. En fait, nous voulions vous décrire plus de cet orphelinat pour récolter de l’argent ou des biens pour leur envoyer.
Seulement nous avons su qu’un autre problème touche le Cambodge : la mafia des orphelinats. Il y a des mafias qui ramassent des enfants des campagnes pour les mettre dans des centres et créer des faux orphelinats. Comme ça ils peuvent récolter des dons des touristes et d’associations à l’étranger, mais l’argent ne va pas aider les enfants qui vivront avec un minimum, mais enrichit les dirigeants de ces fausses-associations. Là alors, c’est le dilemme : comment donc savoir si on a à faire à une vraie ou une fausse organisation ? On ne peut pas, le seul moyen c’est de traiter avec les grandes institutions connues, ou peut-être passer beaucoup de temps au Cambodge et connaitre personnellement et pendant un certain temps les petites associations.
Malheureusement nous n’avons pas ce temps là, et nous partons le lendemain du Cambodge avec une image partagée : celle des gens très aimables, de beaux paysages et celle de la grande pauvreté, le traumatisme profond de la société laissé par les Khmer Rouges, une société corrompue et surtout les enfants pauvres, maltraités et abusés.
- moniqueC'est pas vrai!j'aurais préféré ne pas en connaître l'existence puisque je ne sais rien faire. Merci l'ONU et toutes ces nations qui se préoccupent plus du climat sous lequel le monde vivra demain que du bien être de ses enfants aujourd'hui. bisous à vs 2 à bientôt
- lespauvresvous avez pas eu envie de les égorger les types derrières les enfants ? De quoi ils sont fait ces gens là... c'est pas qu'une histoire d'éducation j'y crois pas...
